Votre échelle occupe le meilleur emplacement de votre camionnette
La plupart des habillages ratés ne le sont pas à cause du dessin. Ils le sont parce que le dessin a été fait sur un gabarit de véhicule nu, alors que le véhicule réel porte une galerie, un porte-échelle, deux coffres et un attelage. Nous concevons à partir du véhicule tel qu’il roule, pas tel qu’il sort de l’usine.
Une ville de véhicules qui travaillent
Vaudreuil-Dorion compte 46 423 habitants sur un territoire de 73,1 km², au point de jonction des autoroutes 20, 30 et 40. La Ville décrit huit parcs industriels sur son territoire, dont le plus grand de la MRC de Vaudreuil-Soulanges.
Ce n’est pas un détail de géographie, c’est une description du parc de véhicules qui circule ici tous les matins. Une ville organisée autour de parcs industriels et de trois autoroutes n’est pas parcourue par des voitures de représentants. Elle est parcourue par des camionnettes de service, des fourgons d’entrepreneurs et des véhicules d’entretien, c’est-à-dire par des véhicules qui portent de l’équipement.
Et un véhicule qui porte de l’équipement n’a plus la surface que le fabricant lui donne sur papier.
C’est le point de départ de cette page, et c’est la question qu’on nous pose le moins souvent alors que c’est celle qui décide du résultat.
Le gabarit du fabricant montre un véhicule qui n’existe pas
Un habillage se dessine normalement sur un gabarit, c’est-à-dire un plan à l’échelle du modèle exact de votre véhicule, vu de chaque côté.
Ce gabarit montre une carrosserie nue. Pas de galerie de toit, pas de porte-échelle, pas de coffre latéral, pas de marchepied, pas de rampe, pas d’attelage, pas de gyrophare, pas de support de bonbonnes. Rien de ce que votre véhicule porte réellement depuis le jour où il est entré en service.
Sur écran, la maquette est superbe. Le nom est centré sur le flanc, le message est lisible, l’espace est bien réparti.
Sur la route, un tube d’acier passe devant le nom, une échelle projette une ombre en diagonale sur le message, et le coffre latéral coupe la moitié inférieure de la composition.
Personne n’a mal travaillé. Le dessin a simplement été fait pour un objet qui n’existe pas, et l’erreur ne devient visible qu’après la pose, c’est-à-dire au moment où elle coûte le plus cher à corriger.
On dessine dans ce qui reste
La bonne méthode inverse l’ordre habituel. On ne dessine pas une composition qu’on adapte ensuite au véhicule. On relève d’abord ce que l’équipement retire, puis on dessine dans ce qui reste.
Cinq soustractions reviennent presque toujours, et chacune retire une surface différente.
La galerie de toit et le porte-échelle mangent la partie haute du flanc, celle qui est justement la plus visible depuis un autre véhicule. Ils créent aussi une zone d’ombre permanente sur le haut de la carrosserie, ce qui assombrit les couleurs à cet endroit quelle que soit la lumière.
Les coffres latéraux et les caissons d’outils retirent la partie basse, souvent sur toute la longueur d’un côté seulement, ce qui rend les deux flancs asymétriques alors que la plupart des maquettes les traitent en miroir.
Les marchepieds, les rampes et les portes à battants coupent la surface en travers, aux endroits les moins prévisibles, et introduisent des raccords là où le vinyle doit s’interrompre.
Les vitres décident du milieu du flanc, et elles sont le seul poste sur lequel une décision est encore possible : couvertes, elles deviennent une surface; laissées libres, elles imposent une bande vide au centre.
L’attelage, le porte-vélo et les supports arrière retirent la partie basse du hayon, qui est pourtant l’endroit lu le plus longtemps par quelqu’un qui vous suit.
Quatre étapes, du véhicule au fichier
Photographies du véhicule équipé
Les deux flancs, l’avant, l’arrière et le toit, avec l’équipement en place et le véhicule tel qu’il roule. Ce sont ces photos qui servent de base, pas le gabarit du fabricant, qui vient ensuite pour les dimensions exactes.
Relevé des zones réellement disponibles
Nous marquons ce qui est masqué, ce qui est interrompu, ce qui est asymétrique d’un côté à l’autre et ce qui reste. La surface utile obtenue est presque toujours inférieure à celle qu’on imagine, et c’est cette surface qui devient le cadre du projet.
Conception par blocs indépendants
Le nom, le métier et le moyen de vous joindre sont composés comme trois blocs autonomes plutôt que comme une image continue. Chaque bloc est placé dans une zone qui lui appartient entièrement, sans traverser un obstacle.
Fichiers vectoriels prêts à poser
Vous recevez les fichiers dans les déclinaisons dont votre installateur a besoin, avec l’indication des zones et des raccords. Le même fichier reste utilisable pour un deuxième véhicule, à condition d’en refaire le relevé.
Moins de surface, donc moins de choses à dire
La réaction naturelle devant une surface réduite est de rétrécir tout le contenu prévu pour qu’il rentre quand même. C’est la pire des solutions, et c’est celle qu’on voit le plus souvent sur la route.
Un habillage comprimé donne un véhicule couvert de texte que personne ne lit, parce que la lecture se fait en quelques secondes et à distance.
La bonne réaction est de retirer, et l’équipement lui-même vous y aide. Un véhicule couvert d’échelles et de coffres a déjà annoncé au passant que vous faites un métier manuel et que vous vous déplacez avec du matériel. Vous n’avez pas à le redire en images ni à l’illustrer.
Il reste donc trois choses à faire tenir dans une surface réduite : votre nom, ce que vous faites en trois mots au maximum, et un seul moyen de vous joindre. Un numéro de téléphone ou une adresse web, pas les deux, et surtout pas les deux plus les réseaux sociaux.
Un véhicule d’entrepreneur qui porte trois informations lisibles bat systématiquement un véhicule qui en porte neuf. La contrainte de surface, ici, rend service.
Trois autoroutes, deux marchés
La position de Vaudreuil-Dorion à la jonction des autoroutes 20, 30 et 40 a une conséquence directe sur l’habillage, et elle n’a rien à voir avec la vitesse de lecture.
Une entreprise établie ici dessert couramment deux territoires qui ne se ressemblent pas, l’ouest de l’île de Montréal d’un côté et la Montérégie de l’autre, avec le fleuve entre les deux.
Le véhicule est donc vu par deux bassins de clients qui ne se croisent jamais et qui n’ont aucune référence commune à votre sujet. Aucun des deux ne vous connaît par réputation locale.
Cela renforce une décision précise et une seule : la mention du territoire desservi vaut souvent plus qu’une adresse. Quelqu’un qui vous voit sur la 40 à Sainte-Anne-de-Bellevue et quelqu’un qui vous voit sur la 30 à Beauharnois se posent la même question, celle de savoir si vous vous déplacez jusque chez eux. Une adresse ne répond pas à cette question, une zone desservie y répond.
C’est un bloc de plus, donc une raison de plus de réduire le reste.
Trois questions à poser à votre installateur
Ces trois réponses appartiennent à l’atelier et non au graphiste, mais elles doivent être connues avant la conception plutôt qu’après, sinon elles obligent à tout reprendre.
L’équipement sera-t-il retiré pour la pose, ou le vinyle sera-t-il interrompu autour de lui ? La réponse détermine s’il existe des raccords et où ils tombent, et un raccord au milieu d’un mot se remarque pour toujours.
Les vitres arrière peuvent-elles être couvertes sur ce véhicule et dans votre usage ? La réponse change complètement l’équilibre de la composition, puisqu’elle ajoute ou retire toute la partie centrale du flanc.
Quelles surfaces sont trop nervurées, trop courbées ou trop proches d’une ouverture pour recevoir un élément important ? Chaque véhicule a ses zones difficiles, et un installateur les connaît de mémoire pour les modèles qu’il pose souvent.
Nous posons ces trois questions au début de chaque projet, et nous préférons attendre la réponse plutôt que de livrer un fichier qui devra être redessiné.
Une image qui tient d’un support à l’autre
Ce que les entreprises d’ici nous demandent
Pourquoi faut-il photographier mon véhicule équipé avant de concevoir l’habillage ?
Parce que le gabarit du fabricant montre un véhicule nu et que le vôtre ne l’est pas. Une galerie de toit, un porte-échelle, un coffre latéral, un marchepied ou un attelage occupent une part de la surface et projettent des ombres sur le reste. Concevoir à partir du gabarit produit une maquette juste sur écran et fausse sur la route, parce que les éléments les plus importants se retrouvent derrière un tube d’acier.
Peut-on poser du vinyle sur les vitres d’un véhicule utilitaire ?
Cela dépend de la vitre et de l’usage, et c’est une question à poser à votre installateur avant la conception plutôt qu’après. Ce qui relève de nous est la conséquence graphique : si les vitres arrière sont couvertes, elles deviennent une surface utilisable et changent complètement l’équilibre de la composition; si elles ne le sont pas, elles créent une bande vide au milieu du flanc, avec laquelle il faut composer plutôt que de faire semblant qu’elle n’existe pas.
Mon véhicule est plein d’équipement. Vaut-il quand même la peine d’être habillé ?
Oui, mais pas avec la même maquette qu’un véhicule nu. Un véhicule chargé d’équipement dit déjà au passant que vous faites un métier manuel, ce qui vous dispense de le répéter en images. La surface réduite qui vous reste doit donc porter beaucoup moins de choses : le nom, ce que vous faites en trois mots, et un seul moyen de vous joindre. C’est souvent un meilleur habillage que celui d’une camionnette vide surchargée d’informations.
Faut-il retirer l’équipement pour la pose ?
C’est une question d’atelier et elle se tranche avec votre installateur, pas avec nous. Ce qui nous concerne est de le savoir avant de dessiner : si un support reste en place pendant la pose, le vinyle sera interrompu à cet endroit et la composition doit en tenir compte. Poser la question tôt évite la mauvaise surprise d’un raccord au milieu d’un mot.
Et si je change de véhicule dans deux ans ?
C’est un argument de plus pour concevoir à partir de zones plutôt qu’à partir d’une image unique. Un habillage bâti sur des blocs indépendants, un bloc de nom, un bloc de métier, un bloc de coordonnées, se redéploie sur un autre véhicule en réajustant les blocs. Un habillage dessiné comme une illustration continue sur toute la carrosserie doit être entièrement repris.
Travaillez-vous avec les entreprises de Vaudreuil-Dorion ?
Oui. Nous concevons le fichier d’habillage à partir de photographies de votre véhicule réellement équipé et des dimensions relevées par votre installateur, puis nous vous remettons les fichiers vectoriels prêts à poser. Vous restez libre du choix de votre poseur, et le fichier reste utilisable pour vos véhicules suivants.
Qu’est-ce qui est boulonné sur votre véhicule ?
Envoyez-nous quatre photos de votre camionnette telle qu’elle roule, avec l’équipement en place. Nous vous dirons quelle surface vous reste réellement et ce qui peut y tenir, avant même de parler de dessin.
